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Diablo III, rencontre avec le démon

Alors que la bêta fermée du hack’n slash le plus attendu de la décennie bat son plein, nous avons passé en revue ses nouveautés pour voir si nos prières allaient être exaucées. Compte rendu, historique et homélie.

Onze ans que nous attendions ce nouveau messie. Annoncé à Paris en 2008, la bêta fermée a démarré à l’été 2011. Selon Mike Morhaime, sacro saint patron de Blizzard, le monstre est quasiment terminé et devrait sortir début 2012.

Après de longues soirées passées à en écumer le premier acte, on y découvre peu de surprises. Ce nouvel opus est similaire, dans ses grands principes, à ses prédécesseurs. Il affine le gameplay, arrondit les pixels, peaufine le confort mais ne sort pas de la simplicité biblique de ses pères : « tu pointes, tu cliques, tu tues, tu “loot”, t’enchaînes ». Non, tu ne respires pas.

Y a-t-il encore de la place pour Diablo ?

Mais alors que nous avons été des fanatiques de la première heure, que certains d’entre nous ici peuvent se targuer d’avoir un personnage niveau 99 sur Diablo II, on se demande vraiment si la sauce va prendre à nouveau. Sommes-nous toujours prêts à passer des centaines d’heures sur les mêmes niveaux archi répétitifs, motivés par la seule cupidité d’empocher de nouveaux artefacts ou de gagner en expérience ?

A l’aune des jeux actuels Diablo a-t-il encore sa place ? (Pardonnez-nous mon père parce que nous allons pécher.) Oui, mille fois oui ! Blizzard ne s’est pas fondamentalement transcendé, mais son nouveau bébé reste brutal, archi sombre, chronophage, frénétique et primaire. En vérité je vous le dis, Diablo III n’est pas un dieu non, c’est le diable fait jeu !

La nouvelle trinité de Diablo III

Si, dans ses grands principes, Diablo III ne réinvente pas la roue, il peaufine sa formule pour la rendre encore plus accessible et complète. Découvrez-le en trois étapes d’un magnifique chemin de croix consacré aux : classes et combats, personnalisation et artisanat ainsi que confort de jeu et salle des ventes.

Cinq classes sont aujourd’hui jouables. Seul le barbare et le sorcier ont survécu aux affres du temps. Apparaissent le chasseur de démons, assez proche de l’archer et de l’amazone, les pièges en plus ; le féticheur, une espèce de nécromancien vaudou bardé de familiers et de compétences d’empoisonnement et d’affaiblissement ; et enfin le moine, hyper vif, capable de s’élancer au milieu de la mêlée et de s’en sortir indemne grâce à ses capacités d’esquive ou de soin.

En termes d’évolution, les classes n’ont plus d’arbres de talents. Passé le niveau 30, le joueur pourra jongler entre six compétences actives et trois compétences passives qu’il ne pourra d’ailleurs modifier qu’à des autels placés en ville.

Pour avoir un personnage qui ne ressemble à aucun autre, Blizzard table sur les pierres runiques qui donnent différents effets à une même compétence. Ainsi, avec une des cinq pierres runiques enchassée, le tourbillon du barbare projette de mini-tornades dévastatrices. Avecune  autre, ce même tourbillon se transforme en tempête de magma. Avec une troisième, chaque coup critique redonne de la vie.

Sur la zone de combat vous avez bien compris que les mécanismes de jeu sont calqués sur les précédents. Cela dit, il est maintenant possible d’utiliser les décors pour occire vos ennemis (qui lâchent d’ailleurs de nouvelles orbes de vie) et l’enchaînement de tueries offre des bonus d’expérience non négligeables ce qui crée un gameplay frénétique très appréciable.

Enfin les combats entre joueurs sont maintenant organisés en arène. Certaines parties peuvent être classées et des hauts faits ainsi que des titres spécifiques récompenseront les meilleurs d’entre nous.

Si WoW a remis à la mode le malsain plaisir de jouer à la poupée, Diablo III semble vouloir suivre les traces de son grand frère en proposant une chouette personnalisation pour son avatar. Nous vous parlions plus tôt du système de pierres runiques pour personnaliser son style de jeu, mais le rendu visuel de votre personnage ne sera pas en reste considérant que chaque pièce d’équipement vous donnera un look bien spécifique. Les butins seront différents en fonction du niveau de difficulté (Normal > Cauchemar > Enfer > Armageddon) et les looks très atypiques, surtout pour bien démarquer les joueurs qui s’adonnent régulièrement au mode de difficulté ultime, Armageddon.

Toujours sur le front de l’équipement, l’artisanat fait son apparition et la part d’aléatoire devrait donner des objets assez uniques surtout à haut niveau. Le principe est simple. Vous pouvez décider de fabriquer une épée qui aura, de base, un bonus de puissance d’attaque mais qui aura également deux attributs aléatoires. Après avoir été forgée, cette épée aura donc le bonus d’attaque plus un pourcentage de chance de trouver des objets magiques et un boost d’expérience. Mais elle pourra aussi bien se retrouver avec le bonus d’attaque couplé à un pourcentage de chance de récupérer plus d’or et un boost de points de vie. Imaginez le temps que passeront certains joueurs pour obtenir l’épée qui correspondra à leur idéal…

Les compagnons, ces PNJ qui vous suivent en solo, sont également devenus excessivement personnalisables. Il sont aujourd’hui au nombre de trois (brigand, enchanteresse et templier). Vous aurez à leur choisir quatre compétences parmi douze et à leur allouer des objets spécifiques que vous trouverez au cours de votre aventure.

C’est Diablo qui a lancé Battle.net et forcément ce nouveau volet ne sera jouable (même dans sa partie solo) que sur ce même réseau. Une salle des ventes, où les joueurs peuvent vendre et acheter les objets récupérés en jeu, est de la partie mais à la différence de celle découverte dans World of Warcraft, en plus de pouvoir y acheter des objets avec l’or récupéré en jeu il est maintenant possible de vendre ou acheter des objets avec de l’argent réel, grâce à des transactions gérées par Paypal ! Un drôle de choix qui fait grincer les dents des puristes mais qui est prétendument là pour lutter contre les marchands d’or qui sapent l’économie de la majorité des jeux en ligne.

Sur le plan du confort de jeu, on empoche très rapidement trois nouveaux objets qui nous permettent de vendre le surplus de l’inventaire, de nous téléporter directement en ville ou de détruire les pièces en trop afin de les transformer en ingrédients pour l’artisanat. Fini les sempiternels allers-retours en ville pour vider les sacs. En revanche, il faudra y retourner pour changer ses compétences…

Le coffre est aujourd’hui commun à tous les personnages d’un même compte, et la majorité des objets ne sont pas liés quand ils ont été ramassés. Idéal pour équiper un jeune personnage. Au niveau des butins, tout ce que vous voyez tomber des cadavres fumants de vos ennemis vous est destiné. Ainsi, même quand vous jouez à plusieurs, la loi du « premier arrivé, premier servi » n’a plus cours. Ca n’a l’air de rien mais l’ancien système avait engendré bien des frustrations surtout pour les classes à distance.

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Richard Homsy