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Deus Ex Human Revolution : à la hauteur de nos attentes

Descendant d’un jeu culte, Deus Ex Human Revolution semble non seulement à la hauteur, mais il se révèle même enthousiasmant. Premières impressions.

Sorti en 2000 sur PC, Deus Ex avait marqué les esprits en mélangeant avec un génie évident l’essence même du jeu de tir à la première personne et celle des jeux de rôle. Du FPS, Deus Ex retenait la vue et le penchant pour l’action. Du jeu de rôle, il empruntait la liberté de choix, l’évolutivité du personnage, la richesse de l’univers et des rencontres.
Après un deuxième épisode décevant, sous-titré Invisible War, sorti en 2004, Deus Ex revient pour une Human Revolution, qui pourrait bien être la révolution que les fans du premier jeu attendaient. Nous avons eu l’occasion de jouer aux premières heures du jeu, si tout n’est pas fini, la claque n’en est pas moins remarquablement sonore.

Le contexte de départ

Vous êtes Adam Jensen, chef de la sécurité de David Sarif, patron de Sarif Industry. Tout se passe avant le premier Deus Ex. L’année 2027 s’écoule dans un monde fourmillant, très marqué par l’esthétique de Blade Runner, avec ses tours gigantesques, ses véhicules volants et ses affichages colossaux qui enflamment le ciel.

Après une cinématique qui dévoile une conspiration à l’encontre des intérêts de Sarif Industry, vous prenez la main et escortez dans les couloirs de la tour Sarif le professeur Megan Reed, scientifique sur le point de présenter une révolution technologico-génétique sans précédent devant le Congrès américain. Une avancée qui permettrait à tous les humains d’être « augmentés », non pas (seulement) grâce à des nanotechnologies, mais en utilisant le plein potentiel de leur ADN. Autre élément capital de l’histoire, le professeur Reed est votre ancienne petite amie.

Et alors que tout semble aller pour le mieux, la tour de Sarif Industry est attaquée, le professeur Reed enlevée et vous, laissé pour mort, alors que vous tentez d’empêcher cet assaut. Six mois plus tard, vous avez été sauvé par la technologie. D’humain normal, vous êtes devenu une sorte de « cyborg », (sans que votre salaire soit revu à la hausse), vous êtes augmenté. L’ère prometteuse qui semblait attendre Sarif Industry semble lointaine, ses intérêts sont menacés par des activistes qui s’en prennent à une usine travaillant sur des projets militaires, notamment. C’est votre première mission.

Gérer les augmentations

Comme dans le premier Deus Ex, votre corps est modifiable, améliorant votre vitesse, votre force, vos sens, etc. Pour augmenter vos capacités, il vous faut utiliser des points Praxis, récoltés sur le terrain ou en fin de mission. Débloquer une amélioration coûte deux points, la faire monter en puissance un seul. Bref, il faut y aller avec parcimonie. D’autant qu’il ne sera pas possible de toutes les obtenir. Il faudra d’ailleurs spécialiser vos capacités en fonction de l’approche que vous souhaitez choisir : infiltration, attaque frontale ou une sorte d’entre-deux, l’exploration.

Certaines augmentations sont passives, elles fonctionnent en permanence, comme le renforcement de l’armure naturelle, par exemple. D’autres sont à activer et pompent votre énergie. Un système de trois batteries (une accessible par défaut qui se recharge et deux autres à acheter) permet de les alimenter. Il faudra les améliorer pour qu’elles se rechargent plus vite et se vident moins rapidement. Mais la couverture optique à la Ghost in the Shell qui vous fait disparaître assèche les batteries en quelques secondes. Juste le temps de traverser un couloir… Même chose pour les attaques au corps à corps. Une attaque videra la batterie, vous laissant sans défense.

Si on apprécie cette limitation, qui force à la prudence et évite le côté « bourrin », on regrette qu’elle nuise toutefois à l’impression de puissance que devrait dégager un homme à moitié cybernétique capable de transpercer un mur à coups de poing.

FPS exigeant

Comme on l’a dit, il est possible de choisir une approche frontale. N’imaginez pas charger la fleur au fusil. Si la maniabilité est bonne et la précision excellente, même sur console, mieux vaudra utiliser le système de couverture, classique, mais efficace, et tirer avec précaution. Les balles sont rares, les ennemis parfois nombreux et pas toujours bêtes. On a constaté quelques petits bugs de zone qui faisaient que l’intelligence artificielle se désintéressait de nous parce que nous avions franchi un seuil, mais ne vous attendez pas à avoir la vie douce. Pris à revers, attaquer du dessus, il vous faudra agir vite et efficacement.

Pour autant, si vous choisissez l’infiltration, armé d’un fusil de sniper ou d’un gros taser, vous devrez éviter les ennemis. Après quelques essais infructueux, on trouve toujours la solution, en faisant attention à ne pas se laisser voir ou à ne pas faire de bruit. Mais ce qui bluffe vraiment, c’est de constater la multiplicité des approches. On peut passer des heures à essayer de passer des gardes en traversant deux ou trois salles accroupi pour finalement trouver, lors d’une autre tentative, une trappe qui mène, par les conduits d’aération, quasiment à son objectif. Enthousiasmant, mais également dur et exigeant. On n’avait pas autant utilisé les sauvegardes régulières sur un jeu depuis des années. C’est bon signe !

Jeu de rôle minutieux

L’aspect jeu de rôle est évidemment le plus dur à juger après avoir joué à une seule mission, qui prend tout de même environ trois heures. On parlera de la liberté de mouvement dans les bâtiments, la possibilité de parler avec presque tous les personnages non joueurs. Certes, il s’agit souvent juste d’échanger quelques mots, mais selon qu’ils travaillent sous vos ordres et vous connaissent, ou vous sont plus ou moins inconnus, leurs réactions diffèrent et cela donne du corps à l’univers.

D’autant que si vous flânez trop longtemps alors que votre mission vous attend, celle-ci sera différente. Traînez à flirter avec une secrétaire et les otages que vous deviez sauver en objectif secondaire seront morts. Non seulement la mission sera différente, mais votre patron se comportera différemment. Même chose si vous ne les sauvez pas pendant la mission, cet abandon vous sera reproché. Vos actes ont donc des conséquences et cela instille une belle dose de stress et de responsabilité.

Une pression que l’on ressent également à la fin de la mission quand, face aux chefs des activistes anti-augmentation, Zeke Zanders, on doit choisir de le combattre ou de le convaincre de libérer son otage, une certaine Rosie, si vous voulez tout savoir. Si on essaie de la sauver en parlant, on a alors le choix entre trois types de discours à chaque fois : la voie de la raison, celle de l’empathie ou une autre plus rentre-dedans. Il faudra, en fonction des réactions faire votre choix. Pour tester les différences de réactions, nous avons fait deux tentatives. La première s’est soldée par la mort du terroriste et de celle de l’otage. La seconde par la libération de l’otage et par le départ du dénommé Zeke. Manipulé, ce dernier a pris conscience qu’on l’a utilisé, entend bien se venger et d’après ce qu’on comprend devrait être recroisé ultérieurement. Bref, de la liberté, des conséquences et une multitude d’options.

Deus Ex Human Revolution sortira le 26 août, on devrait avoir l’occasion de le revoir d’ici là, mais il faudrait vraiment une catastrophe pour qu’on n’ait pas sous les yeux, à l’été, l’un des meilleurs titres de l’année et surtout enfin le successeur de Deux Ex premier du nom.

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Pierre Fontaine