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MWC 2015 : Cyanogen s’associe avec Qualcomm pour « libérer Android de Google »

Dans un bras de fer de plus en plus tendu avec Google, l’éditeur de CyanogenMod espère convaincre les fabricants de smartphones de choisir sa solution logicielle… au détriment de l’Android pur de Google.

Cyanogen veut passer à la vitesse supérieure, la start-up ne s’en cache pas, elle veut éloigner Android et son écosystème de la « tyrannie » de Google. Ce lundi 2 mars, au Mobile World Congress de Barcelone, l’éditeur de CyanogenMod, une distribution Android alternative et hautement personnalisable, officialise un partenariat avec Qualcomm, le géant américain des processeurs pour smartphones. Objectif : permettre aux fabricants de mobiles de facilement installer cette version modifiée d’Android sur leurs terminaux.

Le processeur comme porte d’entrée

Concrètement, « le système d’exploitation et d’autres fonctionnalités de Cyanogen seront intégrés aux processeurs vendus par Qualcomm », détaille Vikram Natarajan, vice-président en charge de la distribution au sein de la start-up californienne. Sont concernées par ce partenariat les séries de puces Snapdragon 200, 400 et 600. Mais pas la série 800, les modèles plus puissants.

« 80% à 90% du travail pour concevoir un smartphone est ainsi fait, poursuit-il. Pour les fabricants, cela signifie qu’ils peuvent commercialiser un appareil entre 3 ou 4 mois. Ils n’ont aussi plus besoin d’une équipe chargée de s’assurer du fonctionnement et de la compatibilité de l’OS »

Cyanogen vise en priorité les smartphones d’entrée et de milieu de gamme. D’abord en Chine, puis ailleurs en Asie, en Europe et en Amérique du sud. Les premiers modèles équipés des puces Qualcomm et de l’OS sont espérés pour la fin du deuxième trimestre.

500 millions d’utilisateurs d’ici à 2020 ?

Ce partenariat s’inscrit au centre de la stratégie de l’entreprise. Si elle revendique déjà 50 millions d’utilisateurs – « plus que Windows Phone », souligne son PDG, Kirt McMaster -, elle souhaite aller beaucoup plus loin. « Il existe une immense opportunité, ajoute-t-il. Le nombre de smartphones dans le monde va passer de 2 à 5 milliards. Nous pensons pouvoir atteindre 500 millions d’utilisateurs d’ici à 2020 ».

Pour atteindre cet objectif, Cyanogen, qui n’avait pour l’instant pas vraiment de modèle économique et de sources de revenus, doit développer de nouveaux canaux de distribution. La société ne peut pas uniquement compter sur les power users qui ont choisi de « flasher » Cyanogend sur leur mobile. Son OS doit être installé de base sur les terminaux. Deux partenariats importants ont déjà été conclus, avec OnePlus en Chine et Micromax en Inde. « L’accord avec Qualcomm va nous permettre de toucher beaucoup plus de fabricants », assure Vikram Natarajan.

L’entreprise basée à Palo Alto mise sur la volonté des constructeurs de s’émanciper de l’emprise de Google. Pour utiliser Android et le Play Store, la boutique d’applications, ils doivent en effet se soumettre à de nombreuses règles « qui favorisent les services de Google », explique Kirt McMaster. « Cela se fait au détriment des consommateurs, mais aussi de l’innovation en limitant l’accès des applications au coeur de l’OS », poursuit-il.

Le dirigeant veut ainsi « libérér Android de Google ». Une étape déjà bien entamée: « les versions non Google d’Android représentent 30% du marché. Dans cinq ans, nous pensons qu’elles dépasseront les 50%. Cela représente plus de 2 milliards de smartphones », prédit-il. Pour aller encore plus loin, Cyanogen veut proposer son propre magasin d’applications. Un kit de développement est attendu pour 2016. La start-up vient aussi de lever 70 millions de dollars. Microsoft figurerait parmi ses investisseurs, selon le Wall Street Journal.

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Jérôme Marin, à San Francisco