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Comment ça marche : l’overclocking

Doper son processeur est une solution économique pour redonner de l’énergie à un PC anémique… mais attention : danger !

Encore un jeu qui peine à tourner sur votre micro ! Déjà que vos séances de montage vidéo tournent à la torture depuis quelque temps… Cette fois, le doute n’est plus permis : votre micro peine à assurer les calculs
qui lui sont demandés. Dans l’idéal, il faudrait le changer mais vu votre budget, il vaudrait mieux limiter les frais.Pourtant, il existe une solution, a priori économique : l’overclocking, littéralement ‘ accélération de l’horloge ‘ (on commence aussi à le nommer
‘ surfréquençage ‘). L’opération consiste à faire travailler le processeur à une cadence plus élevée que celle pour laquelle il est prévu. Le gain est appréciable ?” quelques centaines de mégahertz ?”,
mais attention : alléchante de prime abord, cette technique reste néanmoins délicate. Et elle requiert tout de même quelques investissements matériels…

Qu’est-ce que l’overclocking ?

Il faut se référer à la fabrication des processeurs pour comprendre l’overclocking. Une simple galette de silicium subit divers traitements chimiques et physiques sur la chaîne de production. A la fin du traitement, cette galette
comporte un grand nombre de transistors, tous identiques par leur fabrication, mais uniques en raison de la part d’incertitude résultant des réactions physico-chimiques. Cette part de hasard étant inévitable, les processeurs sont soumis à une
redoutable batterie de tests (près de 900, assure-t-on chez Intel) pour contrôler leur qualité.Plus un processeur réussit de tests, plus la fréquence pour laquelle il est certifié est élevée. Mais les protocoles sont sévères, et, avec la marge de sécurité prévue, un processeur certifié pour 2 GHz pourrait en réalité
fonctionner à 2,3 ou 2,4 GHz. La technique de l’overclocking consiste donc à tirer le meilleur parti de cette marge de man?”uvre.

Combien puis-je espérer gagner ?

Il découle de ce qui précède qu’il n’y a pas de règle. Statistiquement, vous pouvez espérer gagner entre 10 et 15 % de performances. Cela dit, nombreux sont ceux qui font état d’un gain de 20 %, voire 30 % dans certains
cas.

Comment faire ?

Sur les micros un peu anciens, la position de certains cavaliers sur la carte mère doit être changée. Il faut alors se rapporter à la documentation de la carte mère, qui indique quels cavaliers bouger, et comment les
configurer. Mais encore faut-il la comprendre, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Bref, sur ces PC-là, l’opération est plus que jamais réservée aux utilisateurs expérimentés.Sur la plupart des micros récents (de moins de deux ans), le sésame vers l’overclocking est le bios. Toutefois, on n’y modifie pas directement la fréquence du processeur ?” ce serait trop simple ! Celle-ci
est en réalité déterminée par la vitesse du FSB, à laquelle est appliqué un coefficient multiplicateur.C’est en jouant sur ces paramètres qu’on détermine la fréquence finale. Par exemple, un Pentium II cadencé à 450 MHz utilise une fréquence de base de 100 MHz, multipliée par un coefficient de 4,5. On peut élever le FSB à
110 MHz pour passer à 110 x 4,5 = 495 MHz, ou augmenter le coefficient multiplicateur à 5 pour obtenir 100 x 5 = 500 MHz, ou, enfin, effectuer les deux opérations pour obtenir une fréquence
finale de 110 x 5 = 550 MHz. Une contrainte, cependant : sur les processeurs récents, le coefficient multiplicateur est figé, justement pour éviter les risques de l’overclocking. Reste alors la possibilité de jouer sur
la vitesse du FSB.

Quels sont les risques ?

Modifier la vitesse d’un processeur n’a rien d’anodin : il s’agit d’un réglage fin qui, mal effectué, peut mettre en péril le bon fonctionnement du système, voire, au pire, détériorer le processeur. Les réglages doivent donc être
effectués par paliers successifs, chaque modification étant suivie d’une phase intense de tests pour vérifier la bonne tenue de l’ensemble. Car un overclocking trop poussé ne se traduit pas forcément par un écran noir au démarrage : plus
souvent, le système devient instable après plusieurs minutes d’utilisation ou dans certaines conditions seulement (notamment avec les jeux en 3D qui sollicitent énormément le processeur).La raison en est simple : surfréquencé, le processeur consomme plus d’énergie électrique et, donc, chauffe plus. La chaleur excessive provoque alors des erreurs de calculs qui finissent par perturber le système entier.Autre souci : élever la fréquence des échanges entre le processeur et les autres composants du micro (carte graphique, carte son, barrette mémoire vive, carte réseau…) pose le problème de la compatibilité de ces derniers
avec ces fréquences. Seuls les composants les plus haut de gamme sont en mesure de les supporter.

Combien ça coûte ?

Si vous escomptez un gain modeste (jusqu’à 10 %), l’investissement est normalement nul : votre matériel actuel devrait s’en sortir sans souci.Pour obtenir un gain au-delà de 10 %, l’achat d’un système de refroidissement plus performant s’impose : ventirad (comptez entre 40 et 60 euros) ou watercooling (à partir de 150 euros). Attention cependant,
cette dernière solution présente des risques si l’installation n’est pas parfaite, et reste donc réservée aux spécialistes de l’assemblage.On trouve également dans le commerce des barrettes de mémoire certifiées pour des fréquences supérieures aux FSB des processeurs les plus rapides. Ces barrettes coûtent entre 35 et 80 % plus cher que les barrettes
standards.Il existe enfin des cartes mères spécialement conçues pour les overclockeurs. Elles permettent de modifier le FSB sans toucher aux fréquences des bus AGP et PCI, garantissant ainsi le bon fonctionnement des autres composants du PC. Le
prix de ces cartes (marques Abit, Asus, Dfi, Epox…) varie de 100 à 200 euros.

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Olivier Lapirot