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Colt aux avant-postes du dégroupage pour entreprises

Avec 700 entreprises de Paris et des Hauts-de-Seine clientes de son offre d’accès téléphonique et à Internet via le réseau xDSL, Colt Télécommunications fait figure de premier de la classe dans un marché, il est vrai, beaucoup moins actif qu’escompté.

Entré dans sa phase opérationnelle à l’automne 2001, le dégroupage permet aux opérateurs concurrents de France Télécom d’accéder directement aux clients de la boucle locale et de leur proposer des services de téléphonie, de transmission de données ou d’accès à Internet, au travers d’une liaison numérique (xDSL).

Un marché atone, concentré en Ile-de-France

Selon le bilan dressé par l’ART, au 1er juillet 2002, il n’y avait en France que 756 lignes totalement dégroupées pour 700 000 lignes ADSL et 34 millions de lignes fixes appartenant à France Télécom…Cependant, depuis un an, pas moins de neuf prétendants (Dauphin Telecom, Easynet, Firstmark, Free, Kaptech, LDCom, 9 Télécom et T-Systems Siris) ont conclu un accord avec l’opérateur historique, accédant ainsi, en principe, à une des 128 salles de dégroupage actuellement disponibles.Voilà pour la théorie. Car, entre les rachats et les problèmes financiers qu’ont connus les opérateurs alternatifs, seuls quelques-uns ont réellement ouvert des lignes dégroupées.C’est le cas de Free, qui vise le marché grand public ; d’Easynet, qui revendique 200 lignes dégroupées à Paris et espère en gagner 150 de plus l’an prochain et, prochainement, de LDCom. Quant à Colt, ses services xDSL incluent l’accès IP (Internet et IP VPN), la transmission de données (DataLink DSL, service revendu à d’autres opérateurs ou FAI) et le transport de la voix (VoDSL).Pourquoi un tel retard à l’allumage ? Outre le marasme actuel des télécoms, déjà évoqué, les tarifs et les modalités du dégroupage imposés par France Télécom freinent durablement ce marché.Concrètement, une partie des frais financiers sont divisés par le nombre d’opérateurs installant leurs équipements dans chaque salle de colocation. Et comme la tendance est nettement à la diminution du nombre d’opérateurs alternatifs…” Les conditions économiques du dégroupage et les déboires qui en ont résulté font qu’aujourd’hui nous sommes acheteurs de services dégroupés, et non plus offreurs “, confirme Valérie La Gamba, porte-parole de T-Systems Siris France, opérateur qui s’est totalement retiré de ce marché.

Le dégroupage, un complément d’activité lucratif

” Pour Colt, le dégroupage n’est pas un marché en tant que tel, et n’a jamais constitué une gamme de produits à part entière “, rappelle Jean-Pierre Gagliardi, directeur général de Colt France. Il s’agit plutôt d’un service complémentaire à nos offres de liaison spécialisée par fibres optiques ou d’accès à Internet par TurboDSL, l’offre de France Télécom que nous revendons en France. “De concert, Jean-Jacques Vigne, responsable des produits d’accès chez Colt France, estime que “le marché du dégroupage est viable seulement quand il s’adresse aux entreprises. Le prix que le grand public est prêt à payer pour des offres xDSL est, en effet, trop faible”. L’opérateur évalue le chiffre d’affaires généré par les lignes xDSL d’entreprise dix fois supérieur à celui du grand public.Malgré une rentabilité d’exploitation repoussée à 2005 voire 2006, et non plus en 2004 comme annoncé l’an dernier, Colt demeure confiant dans le potentiel du dégroupage. En moyenne, une ligne xDSL rapporte chaque mois à Colt : 650 euros pour de l’accès IP ; 600 euros pour des liaisons dédiées à la transmission de données ; et 1 000 euros pour la téléphonie (VoDSL).Confiant dans l’avenir de ce ” micro ” marché, l’opérateur table sur 2 000 nouvelles lignes dégroupées en 2003, tous services confondus.

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Laurent Campagnolle