Passer au contenu

Collaborer pour mieux buller

L’avenir est aux messageries instantanées”, selon les éditeurs d’outils de travail collaboratif. En effet, l’internaute étant souvent bavard, les logiciels ne manquent pas – ICQ, AIM,…

L’avenir est aux messageries instantanées”, selon les éditeurs d’outils de travail collaboratif. En effet, l’internaute étant souvent bavard, les logiciels ne manquent pas – ICQ, AIM, Yahoo Messenger, MSN Messenger, Sametime, etc. Il faut dire que c’est si simple : un, vérifier que l’expert désiré est en ligne ; deux, lui poser sa question ; trois, recevoir sa réponse dans les secondes qui suivent. Pas de coup de fil inutile à une boîte vocale, pas d’e-mail sans réponse car noyé dans le flot des messages du destinataire, pas de déplacement. De plus, tel l’ornithorynque moyen avec son bec de canard, sa queue de castor et sa poche de kangourou, ces petits assistants reprennent les fonctions d’autres logiciels : conversation à deux ou en conférence, téléphonie sur IP, échange de fichiers, jeux en ligne ou catalogues de voyages. Tout pour faciliter la vie de bureau… Et la productivité, dans tout ça ? Elle plonge. Car le premier atout de la messagerie instantanée reste de permettre de buller en toute discrétion à son poste de travail. Le fond sonore d’une conversation se compose des mêmes cliquetis affairés que la rédaction d’un rapport complexe. Du simple point de vue technique, la drague virtuelle avec un bel hidalgo d’Amérique du Sud ou la préparation de la fiesta du week-end avec les voisins de plateau laissent place d’un clic à un tableau Excel rébarbatif. Encore faut-il faire preuve de self-contrôle : ne pas rougir au moindre sous-entendu ou s’esclaffer à la lecture d’une blague.Sans excès, ce farniente peut s’avérer économique pour l’employeur : ses salariés peaufinent leur anglais en ” chattant ” avec New York. Les factures de téléphone à l’international diminuent. Et les pipelettes du plateau discutent enfin en silence, sans déranger leurs collègues plus travailleurs ou concentrés sur leur sieste. Et puisque, comme lexplique Paul Lafargue dans son Eloge de la paresse,
“le travail est la cause de toute dégénérescence intellectuelle, de toute déformation organique “, en laissant leur esprit dériver sur les messageries instantanées, les employés augmentent leurs performances intellectuelles. Et donc leur productivité.

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


SCh