Passer au contenu

August-Wilhelm Scheer (IDS-Scheer) : ” Nous permettons aux utilisateurs de contrôler leurs processus externalisés “

L’éditeur d’Aris, outil de modélisation des processus métier, ?”uvre sur un marché en pleine croissance, où se pressent de nombreux acteurs.

La politique de réduction des entreprises a-t-elle propulsé vos ventes ?Elle représente une approche à court terme. Chacun sait que la reprise va venir. Et beaucoup d’entreprises ont compris qu’elles doivent repenser l’organisation pour se préparer à cette reprise. Car en réduisant les coûts, vous êtes dans une meilleure situation que vos concurrents qui ne l’ont pas fait. Ce constat nous est favorable, puisque nous fournissons aux entreprises les moyens d’améliorer leur compétitivité. Nous nous appliquons à nous-mêmes cette stratégie. A savoir réduire nos coûts et le nombre de salariés dans certains secteurs. Mais nous savons aussi qu’il nous faut être sur le marché dans les années à venir. Nous devons donc investir dans le développement de nouveaux produits et former nos collaborateurs afin d’être prêts pour la prochaine croissance. En revanche, cette réduction des coûts entraîne une forte pression sur nos prix. Malgré ces difficultés, nous continuons de croître, avec d’excellents résultats ?” particulièrement au premier trimestre.Souffrez-vous de la concurrence des outils de Business Process Manager (BPM) des spécialistes du workflow ou de l’intégration d’applications (EAI) ?Pas vraiment. Ces derniers ont besoin d’outils de description de processus en amont de leurs technologies. lls offrent donc souvent un semblant de capacité de modélisation, simplement pour concevoir cette interface entre l’organisation et leur outil. Mais ils ont déjà fort à faire pour créer leurs interfaces avec les systèmes d’information, et ne s’immiscent pas dans notre domaine. Nous travaillons d’ailleurs étroitement avec eux. Ils voient qu’ils peuvent apporter une valeur ajoutée à leurs solutions grâce à nos fonctionnalités, considérées sous l’angle du management et qui permettent de réorganiser un processus métier. Les outils de ces éditeurs exécutent les processus métier, mais ils ne peuvent pas les évaluer d’un point de vue organisationnel. Il vaut mieux travailler ensemble et offrir une solution commune au client plutôt que se concurrencer.Votre logiciel de contrôle des processus métier, PPM, est-il votre principal différenciateur ?Il nous aide à accélérer et à établir notre position, tout autant que les autres modules autour d’Aris, notre solution de modélisation : gestion de la qualité, ISO 9001 version 2000, etc. Voilà justement des domaines qui n’intéressent pas les éditeurs de workflow ou d’EAI. Il s’agit de contenus qui concernent davantage le management que la technologie.Pourquoi considérez-vous que l’avenir d’IDS-Scheer est lié à l’outsourcing ?A l’horizon 2015, les grands fournisseurs de technologies prendront en charge l’exécution des processus métier. Et nous devons nous y préparer. Actuellement, nous sommes très bien positionnés. Nous sommes orientés vers le contenu, nous avons des méthodes pour le décrire, des outils, des interfaces vers les logiciels d’exécution, et nous pouvons intégrer nos contenus aux PGI, aux workflows, aux solutions d’EAI, et aussi aux outils de développement. Et, grâce à PPM, nous pouvons contrôler les processus externalisés. Nous avons déjà des clients qui le font. Cela permet aux utilisateurs de savoir ?” dans un centre d’appel, par exemple ?” en combien de temps on répond à une demande client. L’utilisateur contrôle donc son processus. Même lorsque ce dernier est exécuté par un partenaire extérieur. C’est la logique qui sous-tend notre récente alliance avec HP. Il fournit la partie technique pour le support de l’outsourcing de processus, et nous modélisons et contrôlons les processus grâce à PPM.Pourquoi visez-vous une échéance aussi tardive ?Cette tendance est déjà en route. Mais les prestataires d’infogérance ne domineront pas le marché avant 2015. Ils auront alors le contact le plus étroit avec les clients. Ce sont eux qui décideront des infrastructures techniques et des besoins en termes de conseil en modélisation des processus métier. Nous devons donc faire partie de ce mouvement. Sinon, nous n’aurons que des contacts indirects avec nos clients. Au risque de les perdre. Actuellement, nous les gérons directement. Les cabinets de conseil se situent à un niveau stratégique et interviennent avant nous, en amont. Nous opérons dans la phase d’exécution du design des processus, de façon plus détaillée. Nous ne sommes donc pas en concurrence avec eux. Des sociétés comme EDS ou IBM n’ont pas besoin de nous. Elles possèdent leur marché. Mais lorsqu’elles détiendront 90 % du marché, c’est-à-dire lorsque 90 % des entreprises externaliseront leurs systèmes d’information ?” la partie technique et la gestion des processus ?”, alors tous les projets transiteront par elles. Et ce sera dangereux. Nous devrons donc passer par elles pour garder le contact avec nos clients.

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


Corinne Zerbib