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Après le droit à la pause, celui de se déconnecter

Après le droit à la pause, voici bientôt celui de se débrancher. C’est en tout cas ce qu’ont réussi à négocier, dans une certaine mesure, les salariés d’IBM Allemagne.

Des salariés d’IBM Allemagne ont obtenu, par un accord, que leur employeur ne les appelle pas pendant leur temps de repos sauf, bien sûr, en cas de force majeure.S’agit-il d’une première réponse face à la suractivité cérébrale infligée aux salariés par la liaison permanente qu’autorise l’usage des mobiles de tout type et du courrier électronique, au bureau, pendant le transport et au domicile ?Elle coïncide, en tout cas, avec l’étude qui vient d’être réalisée par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail. Le constat est affligeant : une majorité de salariés se plaint, outre de la recrudescence de maux physiques, de l’accroissement du stress provoqué par le manque de temps pour accomplir leurs tâches.Or celles-ci sont loin d’avoir diminué, bien au contraire. Alors que le temps de travail a, lui, baissé d’une heure en moyenne dans les pays de l’Union européenne depuis cinq ans !Ce stress devient permanent, puisqu’il est si facile de rester branché pour terminer une tâche, reprendre une conversation, résoudre un problème une fois hors des contraintes du bureau…Et, de fil en mail, on est sans cesse sur le qui-vive, joignable à merci. Que sont devenues les promesses selon lesquelles les nouvelles technologies allaient transformer le travail en partie de plaisir, l’adoucir, l’assouplir, bref, le rendre presque ludique ?Sous les dehors alléchants d’outils sophistiqués, que certains ont même une réelle fierté à poser à côté de leur assiette ou à sortir de leur poche, ces technologies auraient plutôt l’effet inverse.Et pourtant, tout récemment, un consultant en ressources humaines, pris de lucidité, avouait avec quel bonheur il avait donné sa démission d’un grand cabinet de conseil qui le sollicitait en permanence : “J’ai enfin le temps de gérer mon temps en commençant par prendre celui de me déconnecter !”Signe des temps, juristes et syndicalistes sintéressent de plus en plus à la question.Alors, à quand un droit à la déconnexion dans le code du travail ?Prochaine chronique lundi 12 novembre

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Anne-Françoise Marès