Passer au contenu

Android One : le cheval de Troie pour imposer les services de Google ?

Google voudrait importer aux Etats-Unis un système destiné initialement aux marchés émergents. Le but ? Reprendre la main sur Android pour mettre en avant ses nouveaux services pas toujours intégrés par les surcouches des constructeurs.

Google pourrait finalement travailler avec des constructeurs pour commercialiser des terminaux « Android One » aux Etats-Unis. Le Coréen LG serait même pressenti pour fabriquer les premiers appareils, d’après le média américain The Information. Ces téléphones seraient des modèles d’entrée ou milieu de gamme, commercialisés entre 200 et 300 dollars.

Présenté en 2014, le programme Android One permet aux partenaires de Google de fabriquer des smartphones très abordables. Les constructeurs commercialisent ainsi des modèles dépourvus de toute surcouche. En échange, Google s’engage à effectuer des mises à jour régulières pour permettre aux propriétaires d’accéder à ses derniers services, mais aussi d’utiliser un appareil toujours sécurisé.

Une initiative qui n’a pas rencontré le succès

Plusieurs modèles ont ainsi vu le jour dans les pays émergents, cœur de cible de cette initiative. Le premier, commercialisé à 105 dollars environ, est apparu en Inde en septembre 2014. Plusieurs, affichant à peu près le même tarif, ont ensuite été mis sur le marché au Bangladesh, au Népal, au Sri Lanka ou encore aux Philippines. Mais ils ont également atteint des pays plus proches de nous, des modèles étaient vendus en Turquie, mais aussi en Espagne et au Portugal par la marque locale BQ, cette fois-ci à des prix oscillant plutôt entre 170 et 230 euros.

Pourtant, le succès espéré ne s’est jamais concrétisé. Considérés comme pas assez puissants et peu réactifs, ces smartphones ne laissaient pas augurer la possibilité de les utiliser pendant plusieurs années. Ce besoin est pourtant essentiel sur ces marchés émergents où le cycle de renouvellement des appareils est logiquement plus long que dans les pays plus riches.

Les constructeurs n’avaient en effet pas le loisir de choisir les composants qu’ils désiraient ou encore les caractéristiques exactes de leurs smartphones. Google imposait certains composants en provenance de fournisseurs limités et des prérequis techniques tels qu’une double SIM, un port pour carte microSD, une radio FM et un écran de 4,5 pouces. Cette uniformité matérielle et l’absence de surcouche devait permettre à Google de tenir sa promesse de mises à jour régulières, sans que le constructeur ou l’opérateur n’ait son mot à dire comme c’est le cas sur la plupart des smartphones Android du marché.

Des modèles plus puissants pour le marché américain

Malgré ces échecs, Google voudrait donc importer son concept aux Etats-Unis. La société y voit certainement une opportunité de reprendre la main sur son système d’exploitation mobile, jusqu’à présent bridé par les surcouches des constructeurs. Google dépend en effet de ces derniers pour y implémenter ses nouveaux services, qu’il s’agisse de son Assistant (disponible pour l’instant seulement sur le Pixel), d’Android Pay ou pourquoi pas de Daydream, son offre de réalité virtuelle, un secteur devenu stratégique.

Pour cela les smartphones devront cependant répondre aux prérequis techniques de Daydream : processeur double cœur, écran Full HD entre 4,7 et 6 pouces et la capacité de décoder un flux 4K H.264 à 30 images par seconde. Impossible d’y arriver avec les recommandations originales d’Android One, sauf qu’en novembre 2015, Google annonçait enfin lâcher la bride à ses partenaires sur la configuration des smartphones voulant adopter le label. Le timing est parfait pour désormais tenter d’inonder le marché américain de smartphones abordables, entièrement pilotés par Google.

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


Jean-Sébastien Zanchi