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5 idées reçues sur les champs électromagnétiques

Le simple fait d’allumer la lumière nous expose à des champs électromagnétiques. Comment les mesure-t-on ? Quels sont ceux qui dégagent le plus de rayonnement ? Et dans quelles conditions d’utilisation ?

Partout mais invisibles. Les champs électromagnétiques naissent à partir du moment où deux charges électriques se trouvent en mouvement. Impossible d’y échapper. Le simple fait d’allumer la lumière nous y expose. Une omniprésence qui suscite des craintes légitimes mais aussi beaucoup d’idées reçues. Pour y voir plus clair, nous nous sommes rendus au siège de l’ANFR, l’Agence nationale des fréquences. « L’une de nos missions est de vérifier la puissance de rayonnement des objets qui émettent sur des bandes de fréquence », nous explique son Directeur Général Gilles Brégant.

01net.com – Les mesures sont pratiquées avec des sondes et exprimées en volt par mètre.

L’Agence s’est illustrée récemment en vérifiant la conformité des compteurs communicants Linky, par exemple. Pour cela, il faut utiliser des sondes qui permettent d’effectuer des mesures à 20 centimètres de distance. Le résultat est exprimé en Volt par mètre. Les chiffres doivent être inférieurs aux seuils établis par l’ANSES, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Perceuse, grille-pain, plaque à induction, caméra, chargeur, drone, nous avons passé au crible quantité d’objets du quotidien. Et les résultats nous ont réservé quelques surprises !

Voir notre vidéo :

1) Les appareils électroniques sont les seuls à émettre : FAUX

Il existe trois types d’objets qui nous soumettent à des champs électromagnétiques :

– les appareils électriques qui chauffent une résistance (grille-pain, fer à repasser)

– tous les appareils électroniques parce qu’ils transforment le courant (LED, lampe fluorescente, perceuse, plaque à induction, four à micro-ondes)

– les appareils conçus pour émettre sur des fréquences (antenne, smartphone, borne wi-fi, bracelet connecté, talkie-walkie, radio, tablette)

2) Plus la mesure est élevée, plus nous sommes exposés : FAUX

Les valeurs limites d’exposition sont différentes pour chacun des trois groupes d’objets présentés ci-dessous  :

Les valeurs limites du champ électrique.
ANFR – Les valeurs limites du champ électrique.

A gauche, jusqu’à 87 V/m, on trouve les niveaux d’émission d’une plaque à induction ou d’une perceuse. Dans cette catégorie, les chiffres peuvent être extrêmement élevés. Mais ces objets sont plus inoffensifs que ceux qui émettent sur une bande de fréquence. Au milieu, sont affichés les seuils des antennes, et à droite, ceux des terminaux mobiles ou des téléphones fixes sans fil. Le résultat obtenu en V/m ne veut donc rien dire en lui-même. Il doit  être considéré en rapport avec la catégorie de l’objet.

Par ailleurs, il existe une autre mesure pour les smartphones : le DAS ou débit d’absorption spécifique, exprimé en Watt par kilogramme. Il est réalisé au contact de l’utilisateur pour déterminer la quantité d’énergie qu’il reçoit dans trois postures différentes, au niveau de la tête, du tronc et de la main, et dans les pires conditions d’utilisation. Le DAS nécessite de se rendre dans un laboratoire car les appareils de mesure ne sont pas transportables.

Des agents de l'ANFR mesurent un drone connecté en Wi-Fi.
01net.com – Des agents de l’ANFR mesurent un drone connecté en Wi-Fi.

3) Une antenne-relais émet davantage qu’un smartphone : VRAI et FAUX

A 20 centimètres de distance, une antenne-relais va effectivement émettre davantage qu’un smartphone. Mais l’exposition décroit très vite avec la distance. Or chaque antenne implantée en France fait l’objet d’une demande d’autorisation préalable auprès de l’ANFR. L’agence vérifie que son orientation et sa disposition ne créent pas d’exposition trop élevée dans l’environnement alentour. Au final, lorsque l’on se trouve dans un appartement dans un centre ville en zone dense comme à Paris, l’ensemble du réseau de téléphone mobile nous expose tout au plus chez nous à 1V/m. Alors que quand on envoie des données avec son propre et seul smartphone en faisant un « speed test » par exemple, on peut très vite monter à  plus de 4V/m.

4) Les zones rurales sont plus épargnées : VRAI et FAUX

Parce qu’il y a moins de réseau, les habitants des zones rurales sont soumis en permanence à moins de champs électromagnétiques. A l’exception d’un cas de figure épisodique. Si l’utilisateur d’un smartphone veut envoyer des données et que la seule antenne disponible est éloignée, son appareil va émettre davantage qu’en ville.

5) Un smartphone 4G est plus dangereux qu’un 2G : FAUX

Plus un appareil émet d’ondes électromagnétiques, plus il est gourmand en énergie. Les fabricants on donc intérêt à réduire le rayonnement au maximum pour que les utilisateurs finaux consomment moins de courant. C’est vrai pour les téléphones sans fil DECT comme pour les smartphones 4G, beaucoup moins puissants en émission que les appareils 2G d’il y a 15 ans.

L’ANFR n’entre pas dans le débat sanitaire et se contente de vérifier les seuils établis par l’Anses. Signalons que ces niveaux sont contestés par des associations comme Robin des Toits, par exemple, qui estime que les technologies sans fil présentent un danger. Non pas en raison de leur puissance nominale mais de l’effet de cumul du signal sur la durée, même lorsque ce dernier est faible. Mais aucune étude scientifique n’a permis à ce jour de le prouver.

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Amélie CHARNAY